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Alphabétisation et autonomisation : quand le projet Natur’ELLES de SOCODEVI et ses partenaires transforme la vie des femmes du Sine-Saloum
Le 14 septembre, à l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation, le projet Natur’ELLES, initié par SOCODEVI avec l’appui de CAREM, REFEPAS, URSY, CASADES et d’autres partenaires, a mis en lumière les fruits de son action dans le Sine-Saloum. Face à un taux d’analphabétisme encore élevé, notamment chez les femmes, 12 classes d’alphabétisation ont été ouvertes dans les communes de Toubacouta, Sokone, Djirnda et Fimla. En wolof, sérère soce et mandingue, elles ont déjà permis à 374 femmes d’apprendre à lire, écrire et compter, tout en développant des compétences pratiques liées à leurs activités génératrices de revenus.
Selon Ndella Faye, spécialiste en égalité de genre, « l’analphabétisme constitue un frein majeur à l’autonomisation des femmes ». Pour lever cet obstacle, le projet a intégré la littératie financière et l’usage du numérique, afin d’aider les apprenantes à gérer leurs revenus et utiliser leurs téléphones comme outils de travail. Mamadou Lamine Diédhiou, coordonnateur des opérations de SOCODEVI, a confirmé que la demande croissante pousse déjà à l’ouverture de nouvelles classes, notamment à Bassoul et Djilor. L’évaluation menée par l’Inspection académique de Foundiougne fait état d’un taux de réussite de 80 %.
Au-delà des chiffres, les bénéficiaires racontent comment leur quotidien a changé.
Mba Senghor, de Médina Sangako, se dit plus confiante : « Aujourd’hui, je prends des notes en réunion et je sais utiliser une balance à aiguilles. Grâce à cela, nous vendons mieux nos produits de la mer séchés. »
Fatou Sarr, de Missira, a surmonté sa peur de parler en public : « Avant, je restais derrière, maintenant je prends la parole dans les réunions et je peux même occuper des postes de décision. »
Aby Diamé, du GIE Rox à Fakha, témoigne de l’innovation collective : dans sa classe, les femmes ont créé une caisse alimentée par cotisations et amendes, qui a financé le projet “Trois clé” après huit mois d’épargne.
Abssa Ndiaye, de Djilor Djidiak, a appris à écrire sur son téléphone portable et à calculer, ce qui lui a ouvert la voie à la transformation de fruits et légumes.
Amy a découvert l’importance écologique de la mangrove et s’engage dans des actions de reboisement pour préserver les ressources halieutiques.
Enfin, Khane Diagne, chargée de la garde des enfants pendant les cours, souligne une innovation sociale majeure : « Les mères peuvent apprendre sereinement, sans se soucier de leurs tout-petits. »
La cérémonie officielle tenue à Toubacouta a été présidée par Mbacké Thioune, secrétaire général de l’Inspection d’académie de Fatick, représentant l’Inspecteur d’académie. Il a exprimé toute son appréciation pour l’initiative, rappelant que l’alphabétisation, combinée aux activités génératrices de revenus, constitue un levier essentiel pour l’autonomisation des femmes et le développement économique local. L’approche intégrée du projet Natur’ELLES de SOCODEVI et de ses partenaires s’inscrit ainsi dans les priorités éducatives nationales, tout en renforçant la résilience des communautés du Delta du Sine-Saloum.
Au-delà de l’apprentissage, le projet Natur’ELLES de SOCODEVI et ses partenaires illustre comment l’alphabétisation peut devenir un levier global : renforcer la confiance des femmes, améliorer leurs revenus, favoriser leur participation citoyenne et sensibiliser à la gestion durable des ressources naturelles.
Le projet Natur’ELLES cherche à répondre efficacement aux défis socio-économiques liés aux changements climatiques auprès des communautés vulnérables et en particulier les femmes, tout en soutenant la transformation et la valorisation durable des écosystèmes à mangrove des deltas du Sine-Saloum et de Casamance.
Toutes partagent le même vœu : que cette initiative soit pérennisée pour continuer à transformer la vie des femmes et de leurs communautés dans le Sine-Saloum.